Articles

Votre corps vous parle... L’écoutez-vous ?

Articles, le 04/07/2016

Puiser en soi même, là où se trouvent les sources de l’équilibre... Un savoir-faire à réapprendre.

« Je vais bien. Mon corps physique est malade, mais mon esprit est serein. »

Voici la réponse d’un vieux yogi à la question : comment allez-vous ?

Difficile d’imaginer cette réponse chez nous !

En France, la célèbre phrase de Descartes « Je pense donc je suis » a profondément influencé notre culture qui valorise l’intellect au détriment du corps. De fait, celui-ci se trouve curieusement « dissocié » de la pensée.

Corps et esprit

Une seule situation place le corps sur le devant de la scène : la douleur, la maladie. Le corps existe alors, par la souffrance.

Dans ce cas, la personne malade parle généralement d’elle en disant « je suis malade », s’identifiant alors complètement à son corps, et comme si elle n’était QUE son corps. N’est-ce pas paradoxal ?

Signaux non perçus

Bien entendu, il est dans ce cas parfois trop tard... Les signaux préalables sont probablement restés dans l’ombre, non perçus.

C’est le cas de Danièle, 35 ans, mère de deux enfants et divorcée. Elle s’investit à fond dans son travail. Sa réussite lui procure un sentiment de satisfaction car elle développe de nouvelles compétences. Cet investissement professionnel lui évite également de ressentir sa solitude. Son rythme de vie est intense, son organisme produit de l’adrénaline... qui est aussi une « drogue ». Le succès peut être grisant. C’est ainsi qu’elle oublie petit à petit de satisfaire ses besoins élémentaires : manger, dormir, se reposer... Elle épuise son énergie vitale.

Un jour, tout s’arrête, un seuil a été franchi. Les signaux n’ont pas été écoutés. Danièle assiste alors, très lucide et sans aucune possibilité d’agir selon sa volonté à un processus de rééquilibrage naturel. En arrêt maladie pour plusieurs mois, le repos va lui permettre de se reconstruire peu à peu.

Ce « coup d’état intérieur » s’apparente en fait à un système de fusible qui s’active en cas de danger et protège chaque être humain.

Besoins et limites

Notre corps nous parle en particulier de nos besoins et de nos limites ; notions vitales pour notre survie. De quels besoins parlons-nous ?

  • Besoin d’air, d’abord ! Sans oxygène, pas de vie !
  • Besoin de repos, de sommeil, pour régénérer l’énergie vitale.
  • Besoin de maintenir sa température corporelle au bon niveau, nous sommes des êtres à sang chaud.
  • Besoin de manger, boire.
  • Besoin de mouvement, de contact physique avec d’autres êtres vivants, de sexualité...

La vie s’arrête si ces besoins ne sont pas satisfaits. Notre corps est donc aussi le lieu d’expression de nos limites. Mais pour quelles raisons est-ce si compliqué d’entendre ces limites ?

Dans notre culture occidentale, la limite est un concept qui cadre peu avec un certain « culte de la performance », ou plutôt une forme de représentation de la performance. Représentation souvent associée au « dépassement » de soi.

Ecouter et dialoguer avec son corps

Alors, comment écouter son corps et surtout comment instaurer un dialogue avec lui ? Car il ne s’agit pas de lui ordonner « c’est le moment de dormir »... les insomniaques le savent bien ! Cela ne fonctionne pas...

L’être humain n’est pas une machine.

Apprendre à s’écouter sans jugement

La sensation de fatigue peut par exemple pour certaines personnes être associée à de la faiblesse, ce qui peut inciter à vouloir la supprimer.

Or se sentir fatigué est peut être bénéfique !

Il s’agit d’un message appelant une réponse nécessaire à un rééquilibrage naturel : le repos ! Vive le Bon Sens Paysan.

S’écouter sans jugement, en toute simplicité est donc parfois un vrai défi, et cela s’apprend... ou plutôt cela se retrouve...

En se donnant du temps, de l’espace, du vide...rien à faire... et en accueillant avec respect cette partie de nous qui nous parle.

Bref, en acceptant de nous rencontrer nous-mêmes avec bienveillance et sans peur.

Et dans les organisations

De la même manière, les entreprises refusant d’entendre les signaux d’alerte émis par les employés ; tels les avancées des concurrents, les évolutions technologiques qui bouleversent les équilibres, le mal être interne des salariés ; ne sont-elles pas en danger d’effondrement ?

Parfois leur culture, leur ADN porte le signe de leur désintégration au travers de messages codés. Certaines organisations, par exemple fonctionnent sur le mode « kill the messenger ». En clair, on ne doit parler que de ce qui va bien... Celui qui alerte d’un danger est éjecté du système.... dommage !

Changer le risque en opportunité

A l’inverse, plus la capacité d’écoute est fine, en mesure de détecter les signaux rapidement et de les utiliser de façon créative, plus les solutions seront simples, faciles et rapides à mettre en œuvre. Réduire un important déséquilibre nécessite plus de temps et d'énergie.

Dans un monde en changement, où tout bouge, les vrais repères ne seraient-ils pas à développer en nous-même ?


Source

  • L’Art zen du Temps - Editions marabout - Eric Pigani
  • Les états d’âme - Editions Odile Jacob - Christophe André
  • Le Burn out, le détecter, le prévenir - Editions Jouvence – Catherine Vasey
  • Réussir sans se détruire, des solutions au stress au travail - Albin Michel – Dr C.Massin et Dr I.Sauvegrain
  • http://www.lexpress.fr/emploi/gestion-carriere/le- burn-out-nouveau-mal-du-siecle_1316287.html